Nos projets

Mali :

Rompre le silence autour des filles mineures exposées et/ou victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales au Mali (Bamako, et régions de Ségou, Sikasso, Mopti)

 

Fanta (le prénom a été changé), 14 ans, de Bamako est l’une de ces jeunes filles exploitées :

J’étais vendeuse ambulante pour le compte de ma mère au marché de S… à Bamako. J’ai dû quitter l’école après la mort de mon père car ma maman ne pouvait plus payer mes études. Pour aider ma mère dans les dépenses de la maison, je partais pendre de la marchandise au niveau de la grande mosquée de Bamako où je restais parfois tard la nuit. Ce sont d’autres filles qui faisaient la prostitution, qui m’ont encouragée à me prostituer la nuit d’abord au niveau du grand marché de Bamako et ensuite dans un bar et depuis je me prostitue toujours dans le bar. J’aide ma mère dans les dépenses quotidiennes. Je souhaite avoir une formation en teinture pour quitter ce travail.

Localisation

Bamako, Ségou, Sikasso et Mopti. Ces villes sont retenues car elles remplissent un ou plusieurs de ces critères : attrait économique et touristique, proximité frontalière, sites aurifères avec une prévalence d’enfants exposés et/ou victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales

 

 

 

Durée

Janvier 2017-Décembre 2019

 

Contexte

La population malienne se caractérise par son extrême jeunesse : les moins de 18 ans représentent plus de la moitié (53,0%) des 15.84 millions d’habitants. Les moins de 15 ans représentent à eux seuls 46,6% de la population.[1]

 

Le Mali n’est malheureusement pas épargné par l’exploitation sexuelle de ses enfants et nombre d’entre eux font partie des millions exploités dans le monde chaque année. Une étude quantitative et qualitative que nous avons réalisée en mars 2013, montre que 28,3% soit 417 enfants sur 1472 enfants de l’échantillon ont été victimes de prostitution et de traite à des fins sexuelles. Plus de 90% de ces victimes sont des filles. Des filles très souvent âgées entre 12 et 15 ans sont abusées sexuellement en échange d’une protection, d’un bien matériel, ou tout simplement d’argent : un billet de 1.000 CFA soit 1.45€ est le prix d’un abus sexuel.

 

Les enfants victimes d’exploitation sexuelle sont des enfants qui pour la plupart ont subi des maltraitances physiques et psychologiques dont des abus sexuels en famille, des enfants issus de familles disloquées, recomposées ou en rupture totale avec la famille. D’autres proviennent de familles vivant dans des situations économiques de précarité. Pour beaucoup, ce sont des enfants qui se retrouvent en situation de rue pour différentes raisons, alors que d’autres y sont contraints pour subvenir aux besoins primaires de la famille.

Les conséquences de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales sont multiples. Un enfant abusé est un enfant violé dans sa chair et dans son âme, et l’exploitation sexuelle perturbe considérablement le développement psychologique, physique et social de l’enfant victime. Une approche pluridisciplinaire de prise en charge (psychologique, sanitaire et sociale) de ces enfants victimes est ainsi impérative pour permettre à l’enfant victime de se construire, reconstruire ses repères et qu’il soit à nouveau confiant envers lui, la société, la vie et surtout sa propre vie.

 

Objectif du projet

Renforcer la protection (prévention, prise en charge psychosociale, réinsertion   et réhabilitation) des filles mineures à risques et ou victimes d’exploitation sexuelle

 

Résultats escomptés

Les capacités des intervenants sociaux des structures partenaires du projet sont renforcées dans le domaine de l’’ESE.

Les enfants sont sensibilisés et ou renforcés dans leurs compétences de vie à l’autoprotection à l’ESE.

Les communautés du Mali sont sensibilisées au phénomène de l’ESEC au Mali.

L’environnement social et politique est favorable à la protection des enfants contre l’ESE.

Les enfants participent activement aux actions de lutte contre l’ESE.

Les filles mineures victimes d’ESEC bénéficient d’une prise en charge psychosociale en rue et dans les centres d’accueil.

Les filles mineures exposées ou victimes d’ESEC bénéficient de mesures d’accompagnement pour la réhabilitation et la réinsertion socioprofessionnelle.

 

Groupes cibles du projet

  • Adolescentes et jeunes filles en situation de rue à risque d’exploitation sexuelle et/ou victimes d’ESE
  • Filles victimes d’ESEC accueillies au Centre de Caritas à Bamako et du Bureau National Catholique pour l’enfance
  • Enfants et parents des Centres d’Ecoutes Communautaires
  • Enfants pairs éducateurs
  • Parlement des enfants
  • Enfants de l’Association pour la Promotion des Jeunes et Enfants Communicateurs
  • Intervenants sociaux des structures partenaires du projet
  • Police judiciaire
  • Communicateurs traditionnels et leaders communautaires
  • Professionnels des médias

  

Bénéficiaires directs

 

497 intervenants sociaux de la protection des enfants des structures partenaires formés pour renforcer leur capacité de prise en charge des enfants victimes d’exploitation sexuelle.

2632 filles sensibilisés et ou renforcés dans leurs compétences de vie à l’autoprotection à l’ESE.

6664  personnes sont sensibilisées au phénomène de l’ESE au Mali.

2100 enfants participent activement aux actions de lutte contre l’ESE.

238 filles mineures victimes d’ESE bénéficient d’une prise en charge psychosociale en rue et dans les centres d’accueil.

238 filles mineurs exposées ou victimes d’ESEC bénéficient de mesures d’accompagnement pour la réhabilitation et la réinsertion socioprofessionnelle.

106 filles mineures victimes d’ESE bénéficient d’une prise en charge psychothérapeutique et juridique.

30 professionnels des médias sont formés sur leur rôle et responsabilité dans la lutte contre l’ESE à Bamako.

  

Budget 

655 000 EUROS

 

Partenaires d’exécution du projet

Samu Social Mali : Le Samu social Mali vise à lutter contre l’exclusion sociale  des enfants  et jeunes de la rue, garçons et filles de 0 à 18 ans, et parfois au-delà de cet âge « légal », spécialement pour les jeunes filles/jeunes mères en rue, qui vivent et dorment dans les rues de Bamako. L’équipe apporte une assistance médicale, psychosociale et éducative à ces enfants et jeunes sur leur lieu de vie, grâce à une intervention d’urgence de nuit, complétée par un suivi en journée, à travers les prises en charge aussi bien médicales que psychosociales à l’appui notamment, d’orientations vers un réseau de structures partenaires spécialisées.

http://www.samusocialmali.org/

 

Le BNCE Mali (Bureau National Catholique pour l’enfance) : Organisation  engagée pour la promotion et la protection de la dignité et des droits de l’enfant au Mali qui est également membre et partenaire du réseau BICE (Bureau International Catholique de l’Enfance). Le BNCE accueillera les filles identifiées à risques et ou victimes d’exploitation sexuelle dans leurs centres à Ségou, Sikasso et Mopti.

https://fr-fr.facebook.com/www.bncemali.ml/

 

CARITAS Mali : AET (Action Enfants de Tous) Bamako : Caritas Mali a lancé une initiative appelée Action Enfant de Tous (AET) qui coordonne les actions sociales et de développement du diocèse de Bamako. Le foyer des filles à Bamako accueillera les filles identifiées à risques et  ou victimes d’exploitation sexuelle dans le district de Bamako.

https://www.caritasmali.org/

 

AV.ES : Avenir Enfance du Sahel : partenaire d’ECPAT Luxembourg depuis juin 2007, AV.ES est une ONG nationale œuvrant pour la protection et la promotion des droits de l’enfant au niveau national. Elle agira en amont principalement dans la  région de Mopti et Douanza (région pourvoyeuse de  très jeunes filles migrantes à partir de 9 ans !) auprès des leaders communautaires, des communautés et des familles.

 

Partenaire institutionnel

Ministère des Affaires Etrangères et Européennes de Luxembourg

 

 

[1] INSTAT : 4ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat – Résultats définitifs, novembre 2011.