Sous le Haut Patronage de Son Altesse Royale la Grande-Duchesse

Projet Ensemble

Projet Ensemble

Un certain nombre de besoins prioritaires sont clairement identifiables : réduction de la pauvreté et sécurité alimentaire ; accès à l’éducation et lutte contre l’illettrisme ; protection et promotion des droits de l’enfant et en particulier des filles ; éducation en santé ; création d’opportunités d’emploi ; système de protection législatif et judiciaire ; institutionnalisation de la démocratie.

Globalement, les problèmes majeurs de toutes les régions concernées par le projet Ensemble (développé dans 26 pays en Asie, Afrique, Caraïbes, Moyen Orient) sont ceux liés à la grande pauvreté : surpopulation, malnutrition, analphabétisme, mortalité infantile, déficiences en hygiène, santé et logement, retards dans le domaine des droits de l’homme et de l’éducation, migrations… 40 % à 50% de la population de ces régions a moins de 16 ans. Aux contraintes économiques s’ajoute le poids de systèmes sociaux et culturels entraînant trois types d’exploitation : exploitation de classe (système de castes, d’ethnies), exploitation patriarcale (statut inférieur des filles, violences domestiques, dots) et exploitation des enfants (travail forcé, violences, mariages précoces, abus sexuels).

La problématique du trafic et de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) dans le monde croît dans des proportions inquiétantes. Diverses estimations permettent d’évaluer que sur les 20 milliards de dollars générés par la prostitution au niveau mondial, plus de 5 milliards proviennent de la prostitution d’enfants, aggravée notamment par le développement de la pornographie sur Internet, dont les profits viennent s’ajouter à ce marché. C’est le 3ème trafic international le plus lucratif (après la drogue et les armes). Dans les pays en voie de développement, divers facteurs socioéconomiques et culturels et la peur du SIDA (la croyance dit qu’avoir des relations avec un enfant en protège) augmentent considérablement la vulnérabilité des enfants. Si les clients sont surtout des nationaux, une demande grandissante vient de touristes sexuels ou pour « l’exportation » vers le Moyen Orient et l’Occident. On peut estimer à 2 millions le nombre d’enfants récupérés par l’industrie du sexe chaque année, dont un million en Asie, mais il n’existe à ce jour aucune méthodologie pour évaluer précisément l’étendue et les formes de ce fléau. Dans beaucoup de régions, l’évidence du problème repose sur des observations empiriques et non sur des recherches objectives. Là où elles existent, les données ne sont pas analysées adéquatement, et se focalisent sur les formes d’ESEC les plus visibles, ce qui ne permet de rendre compte ni de la nature, ni de l’entièreté et de l’étendue du problème.

ENSEMBLE contre le trafic et l’exploitation sexuelle des enfants dans le monde - Appui à des actions de protection, de prévention et de prise en charge socio-éducative des enfants vulnérables et victimes

Le projet vise, par le renforcement des capacités et la mise en réseau des associations locales, des organisations de base et des acteurs institutionnels, à permettre une interventionmultidisciplinaire et coordonnée face à l’exploitation sexuelle qui touche des milliers d’enfants et d’adolescents, dans les régions les plus sensibles d’Asie, d’Afrique du Moyen Orient et des Caraïbes. Le projet a deux niveaux d’intervention :

  • prévention et protection des enfants et des jeunes les plus pauvres et les plus vulnérables contre le trafic d’êtres humains et l’exploitation sexuelle, ceci par la création d’un environnement social propice à leur développement, le renforcement de capacités des organisations locales, la mise en place d’une mobilisation régionale autour de la défense des droits de l’enfant et la consolidation d’un réseau international de protection ;
  • réhabilitation psychosociale et réintégration économique des enfants et des jeunes victimes ou en situation de risque, d’une manière intégrée et durable, et amélioration concertée des méthodes dans les pays concernés, par le développement de compétences professionnelles adaptées et la mise en place de services de prise en charge, d’éducation et de formation.
  • Recherches action et analyses de situation
  • Renforcement de capacités des acteurs et amélioration concertée des méthodes de travail en termes de protection et de réhabilitation (à travers les évaluations et les ateliers de travail)
  • Élaboration de programmes opérationnels pour le renforcement des Plans d’Action Nationaux contre l’exploitation sexuelle des enfants
  • Programmes d’éducation pour les enfants de la rue, enfants travailleurs ou des communautés les plus vulnérables
  • Création de centres d’alphabétisation et d’éducation primaire, principalement pour les filles
  • Formation et placement professionnel des jeunes en situation de risque
  • Renforcement de capacités en psychologie de l’enfant et en prise en charge institutionnelle (appui technique, formation de formateurs)
  • Actions dans le cadre de refuges de nuit, de centres d’accueil d’urgence ou de foyers de transit
  • Publication et diffusion internationale de rapports / de guides méthodologiques et de plaidoyer
  • Publication et diffusion de modules pour la formation de formateurs et le renforcement de capacités en réhabilitation psychosociale

Les groupes cibles sont d’abord les enfants et les adolescents victimes d’exploitation sexuelle et de trafic, ainsi que les enfants les plus vulnérables en raison de leur extrême pauvreté, de leur appartenance ethnique, milieu de vie et de travail, ou état de santé.

  • Enfants victimes et/ou vivant dans des centres d’hébergement (ONG, Etats)
  • Enfants des régions rurales et/ou d’ethnies minoritaires, enfants déscolarisés, de familles très démunies
  • Enfants de la rue condamnés à survivre seuls
  • Enfants marginalisés vivant dans les quartiers de prostitution
  • Orphelins de l’épidémie du SIDA
  • Enfants travaillant comme employés de maison, dont 80 à 90% de fille

Adultes porteurs de ressources (éducateurs, travailleurs sociaux, personnel médical, responsables…), acteurs institutionnels (police, forces de sécurité aux frontières, administrations fédérales et locales, autorités législatives et judiciaires, leaders communautaires, comités de villages élus, enseignants, personnel des centres de détention d’enfants), clubs locaux de jeunes, familles et villageois concernés, professionnels jouant un rôle dans la protection de l’enfance (médecins, avocats, journalistes…).

Le projet a continué son travail de prévention contre l’exploitation sexuelle des enfants en Asie du Sud-est, Afrique et dans les Caraïbes. Durant l’année 2008, le travail de notre partenaire ECPAT International a été dirigé vers l’organisation et la préparation du 3ème Congrès Mondial contre l’Exploitation Sexuelle des Enfants et des Adolescents qui s’est tenu au Brésil en novembre 2008.

En tant que membres d’un réseau international, les promoteurs du projet ont réalisé l’importance de l’établissement de synergies pour monter une coalition efficace et efficiente contre l’ESEC. En tant que tel, le 3ème Congrès Mondial et son organisation ont représenté une opportunité unique et très importante pour le réseau de se rencontrer, partager des expériences et renforcer ses capacités.

La préparation de ce 3ème Congrès Mondial a représenté une plateforme unique qui a permis à ECPAT International de développer et renforcer les objectifs principaux du projet ENSEMBLE, à savoir : conduire des recherches et produire des rapports analytiques sur la situation de l’ESEC dans les différents pays touchés par le projet; développer des actions de plaidoyer et d’informations quant à l’ESEC. Ces deux activités ont été conduites durant le Congrès par la production de différents documents analytiques et d’information. Enfin et surtout, les objectifs de renforcement des capacités des acteurs locaux qui se battent contre l’ESEC et leur mise en réseau afin de démultiplier leurs actions ont été développés grâce à l’organisation du 3ème Congrès Mondial et de ses différentes réunions préparatoires (6 en tout : une en Afrique ; une en Asie de l’Est et Pacifique ; une en Europe et Asie centrale ; une en Asie du Sud ; une en Amérique latine ; et une en Amérique du nord. Ainsi que 5 réunions préparatoires thématiques qui ont permis de renforcer les capacités des différents groupes participants sur les thématiques du Congrès).

Il est à noter que ce Congrès a été un succès tant pour ECPAT qui a pu diffuser son message que pour les objectifs du projet ENSEMBLE. Ainsi, grâce au Congrès, plus de 1000 participants représentant des ONG et des gouvernements ont assisté aux activités d’ECPAT financées grâce à ENSEMBLE.

Les autres activités du projet n’ont pas été négligées et dix missions d’identification de partenaires dans le cadre des dotations de partenariat (les micro-projets développés par ENSEMBLE) ont été menées par ECPAT Luxembourg, avec le partenariat de Groupe Développement. Ces missions mèneront à des projets qui débuteront en année 4 du projet.

Le nombre de micro-projets en Afrique a été augmenté. De plus, le profil de poste du Représentant ECPAT International pour l’Afrique a été revu pour mieux refléter l’importance de la collaboration horizontale entre les différents membres du réseau ECPAT. Ces actions permettront de mieux partager l’expérience et l’expertise acquises autant dans qu’en dehors de la région concernée.

Au vu de la taille du projet, des besoins d’augmenter la communication tant interne qu’externe ont été identifiés et réalisés entre autres grâce à une importante traduction de documents-clés ainsi que de « newsletters » régionales, bulletins électroniques et informations sur l’ESEC développées par les Responsables / Représentants régionaux. Les publications d’ECPAT International, réalisées dans le cadre du projet ENSEMBLE, continuent de viser un public large pour le sensibiliser à la lutte contre l’ESEC. Le site internet d’ECPAT, véritable vitrine des activités du réseau, est constamment mis à jour et complété pour créer un référent important et sérieux sur la question de la lutte contre l’ESEC. Toutes ces publications sont librement téléchargeables sur le site internet.

  • La situation de l’ESEC (formes, ampleur, initiatives locales menées pour contrer ce phénomène) est connue de manière précise à travers les analyses de situation menées dans 3 pays particulièrement touchés par ce phénomène : Trinidad, la Barbade et la Bolivie. Ces recherches permettent le développement d’actions concrètes adaptées aux besoins identifiés par les partenaires locaux du réseau ECPAT.
  • 200 partenaires ONG locales ont été formées à travers des sessions de formation régionales dans les domaines suivants :
  • amélioration des méthodes de travail en termes de protection et de réhabilitation des enfants
  • Programmation opérationnelle pour le renforcement des Plans d’Action nationaux de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants
  • Renforcement de capacités en psychologie de l’enfant et en prise en charge institutionnelle
  • Développement de centres de ressources en matière de lutte contre l’ESEC
  • 3 ONG locales ont été identifiées (1 au Burkina Faso, 1 au Yémen et 1 au Rwanda) pour mettre en œuvre des projets pilotes (dotations de partenariat) de prévention et protection des enfants et des jeunes contre l’exploitation sexuelle par l’éducation et la formation professionnelle
  • 2.700 exemplaires du Rapport Global de Suivi de la mise en œuvre des actions de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales ont été diffusés dans 8 pays (Ethiopie, Gambie, Mozambique, Afrique du Sud, Togo, Ouganda et Zambie et Ile Maurice). Cette diffusion complète celle réalisée en 2006 au cours de laquelle 16.500 exemplaires de ce rapport ont été diffusés dans les autres régions du monde. Ce rapport constitue un excellent outil de lobbying en faveur d’une meilleure protection des enfants contre l’ESEC par les Etats qui ont adhéré à l’Agenda pour l’Action de Stockholm.
Contexte: 

Les problèmes majeurs de toutes les régions concernées (26 pays en Asie, Afrique, Caraïbes, Moyen Orient) sont ceux liés à la grande pauvreté

Localisation: 

26 pays les plus à risque en Asie, en Afrique dans les Caraïbes et au Moyen-Orient

Durée: 

2008 - 2011