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NEPAL - Exploitation en ligne

NEPAL - Exploitation en ligne

Au Népal comme ailleurs, si internet représente une formidable opportunité de développement, il peut aussi être dangereux. Ainsi, les enfants courent le risque de retrouver leurs photos personnelles partagées en ligne ; d’être contactés par des abuseurs adultes pour mener des conversations sexuellement connotées ou même pour être sexuellement exploités ; d’être victimes de harcèlement sexuel ou d’intimidation en ligne.

La situation politique et socio-économique du pays, les catastrophes naturelles qu’il a enduré comme les tremblements de terre de 2015, ne font qu’augmenter la vulnérabilité des enfants à l’exploitation sexuelle. Ainsi, nos partenaires et notre équipe sur place constatent une explosion inquiétante des cas de traite des enfants qui n’ont souvent pas d’autres opportunités que de suivre un inconnu pour fuir la réalité de leur village dévasté. 

Lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales : actions de prévention et de protection contre l’abus et l’exploitation sexuelle des enfants en ligne au Népal

 

L’objectif principal du projet est de protéger les enfants et les jeunes des risques liés à l'abus et à l'exploitation sexuelles en ligne.

Afin d’atteindre ces objectifs, cinq résultats sont identifiés. Ces résultats proposent de répondre aux thématiques principales de la prévention, la protection et la poursuite pénale (avec le thème transversal du plaidoyer). Ces résultats sont :

  1. Les enfants et les principaux acteurs du projet sont sensibilisés sur la question de la réduction des risques d’abus sexuel des enfants et de l’abus et de l’exploitation sexuelle en ligne.
  2. Les enfants victimes de l’abus et de l’exploitation sexuelle en ligne et leurs familles bénéficient d’une aide holistique pour leur protection, leur réhabilitation et leur réinsertion sociale et économique.
  3. Les politiques et/ou législations pour prévenir et/ou éliminer l’abus sexuel en général et l’abus et l’exploitation sexuelle des enfants en ligne en particulier sont renforcées.
  4. La capacité des acteurs principaux responsables de la prévention de l’abus et de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne ainsi que de la protection des enfants victimes est renforcée.
  5. La recherche et la documentation sur l’abus et l’exploitation sexuelle des enfants en ligne (et l’abus sexuel en général) sont développées.

Les actions sont développées pour apporter une réponse holistique à la problématique traitée par le projet. Par ailleurs, plusieurs acteurs sont ciblés pour s’assurer que des réponses sont étudiées et développées avec eux à chaque niveau d’intervention (enfants victimes et/ou vulnérables, parents et communautés, le corps médical, le système judiciaire, le gouvernement, le secteur privé, etc.).

 

Les actions de sensibilisation sont transversales et couvrent tous les acteurs impliqués dans le projet. Ainsi pour le grand public, le projet prévoit des programmes audio-visuels avec, en particulier, la mise en place d’une radio communautaire qui diffusera principalement de l’information sur l’abus sexuel en général ainsi que de l’abus et de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne. Cette radio sera en partie gérée par des enfants que le projet formera. La presse sera également sollicitée pour publier des articles et aussi des messages de sensibilisation sur les risques. Au niveau de la communauté, le projet prévoit de mener des spectacles qui prennent en compte le contexte socio-culturel de la population (théâtre de rue, marionnettes, flash mobs, etc.). Des ateliers de travail et des sessions de sensibilisation sont prévues pour les principaux acteurs du projet listés plus haut dans ce document. Enfin, une campagne de sensibilisation est aussi prévue au niveau national pour diffuser de l’information percutante sur les dangers que l’Internet peut présenter et comment naviguer sans risque sur le web.

 

Quant à l’aide directe aux victimes, le projet interviendra à trois niveaux : la protection des victimes qui prévoit de les secourir et de mettre à leur disposition des services compréhensifs et appropriés tels que le soin et le suivi psychosocial, l’aide médicale et légale. Il s’agira également d’établir des politiques de protection et de soin spécifiques pour ces enfants au sein même de l’établissement qui les héberge ; la réintégration sociale et économique des victimes et l’aide économique aux familles des victimes ; la poursuite pénale qui consistera à aider les victimes et les familles qui sollicitent cette aide afin qu’ils puissent porter plaintes et poursuivre en justice les agresseurs.

 

Le projet interviendra également pour mener des actions de plaidoyer pour la prévention et la protection des enfants contre les risques. Il prévoit principalement de faire pression pour l’incrimination de la pédopornographie et l’inclusion de celle-ci dans l’«Electronic Transaction and Digital Signature Act 2006 », acte unique qui existe dans le pays contre les cyber-crimes ; pour l’inclusion des provisions compréhensives de protection des enfants victimes dans les plans nationales d’actions « National Plans of Actions » ; pour établir des mécanismes d’identification, d’investigation et de poursuite légale contre les agresseurs ; pour développer des alliances et des networks pour renforcer la prévention, la coordination, l’investigation et le développement des guides de procédures opérationnelles pour la réhabilitation et la réintégration des enfants victimes ; pour établir des mécanismes de contrôle avec la participation des principaux acteurs impliqués, en particulier le secteur privé et pour l’inclusion dans les programmes scolaires un composant sur les risques d’abus et de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne.

 

Afin d’assurer la pérennité et l’appropriation des actions par la population cible, le projet prévoit de renforcer la capacité des principaux acteurs impliqués. Ainsi des formations seront dispensées aux structures communautaires telles que les groupes de vigilance qui seront mis en place par le projet. Ces formations seront également proposées aux parents et aux familles, aux enfants eux-mêmes, à l’organisation partenaire, aux forces de l’ordre responsables d’application des législations et aux entreprises privées dans le domaine de l’informatique.

 

Et enfin, le projet tient à mener des études et des recherches sur la question de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne afin de mieux comprendre un phénomène qui évolue rapidement avec l’invention des nouvelles technologies et l’impact de ce phénomène sur le comportement des jeunes utilisateurs. Des bases de données seront développées et utilisées pour informer de nouveaux projets et des bonnes pratiques seront documentées et diffusées parmi les acteurs qui ouvrent dans le domaine pour que les expertises soient partagées et dupliquées pour protéger au mieux les enfants.

Enfants victimes et/ou à risque

  • Environ 200 enfants victimes d’abus sexuel et de l’exploitation sexuelle en ligne identifiés (Résultats 2.2)
  • 30 enfants victimes secourus (R. 2.3)
  • 50 plaintes déposées par les enfants victimes contre leurs agresseurs avec le soutien du projet (Activité.2.3.1)
  • 15 enfants et leurs familles soutenus pour l’aide juridique (R. 2.5)
  • 130 enfants victimes et enfants à risque bénéficient d’un suivi psychosocial (R.2.3 ; A.2.1.4)
  • 20 enfants victimes pris en charge pour effectuer des formations professionnelles (A.2.2.1)
  • 60 enfants de rue sensibilisés contre les risques d’abus sexuel
  • 50 adolescents formés pour travailler en tant qu’éducateur-paire (A.1.6.3)
  • 50 adolescents formés pour gérer la radio communautaire et pour développer des programmes de diffusion (A.4.3.1)
  • 25 enfants formés pour développer des outils de sensibilisation contre les risques de l’Internet pour l’enfant (A.4.3.5)
  • 24 000 enfants et adolescents sont sensibilisés à la question d’abus et d’exploitation sexuelle des enfants en ligne (A.1.6.1)

 

Parents, familles et travailleurs sociaux

  • 25 familles soutenues pour participer à des formations professionnelles ou des activités génératrices de revenu (R.2.8)
  • 300 parents/familles formés pour identifier les cas d’abus et accompagner leurs enfants de naviguer sans risque sur le web (A.4.2)
  • 60 éducateurs sociaux de l’organisme partenaire formés pour prévenir l’abus sexuel des enfants en ligne et pour apporter de l’aide appropriée aux enfants victimes (R.4.5 ; A.4.4)
  • 200 travailleurs sociaux au niveau local (structures communautaires) formés pour identifier et signaler les cas d’abus et pour fournir des informations nécessaires aux victimes et leurs familles (R.4.2 ; A.4.1.2)
  • 2000 familles sensibilisées contre les risques d’exploitation sexuelle des enfants en ligne (A.1.6.7)

 

Les acteurs non-étatiques (le corps médical, le système judiciaire, les médias, le secteur privé de l’informatique, les enseignants, les structures communautaires, etc.)

  • 60 comités de protection de l’enfant créés au niveau local (R.4.1)
  • 180 enseignants sensibilisés pour identifier et signaler les cas d’abus (PP.1 ; A.1.6.4)
  • 90 journalistes sensibilisés pour effectuer des couvertures médiatiques humaines et éthiques de la question d’abus sexuel des enfants et pour accroître la visibilité de la problématique (PP.1 ; A.1.6.6)
  • 75 gérants de cyber-cafés, d’entreprises d’informatique ou de téléphones mobiles formés pour sensibiliser les jeunes adultes contre les risques d’abus sur l’Internet (PP.1 ; A.1.6.8)
  • 120 hôteliers sensibilisés pour identifier et signaler les cas suspects d’abus sexuel (PP.1 ; A.1.6.10)
  • 50 acteurs du secteur des technologies de l’information et de la communication formés pour développer des mécanismes de contrôle (R.4.1.3 ; A.4.6.1 ; A.3.1.2 ; R.4.1.2)

 

Les acteurs gouvernementaux (responsables gouvernementaux pour la formulation des politiques relatives aux enfants, la police et les autorités judiciaires principalement)

  • 90 agents de police sensibilisés sur la question de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne et sur la prévention de ce phénomène (A.1.6.5)
  • 90 officiers gouvernementaux sensibilisés sur la question de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne et sur la prévention de ce phénomène (A.1.6.9)
  • 90 agents de police formés pour identifier des cas d’abus et d’établir systématiquement des rapports procéduraux contre les agresseurs (R.4.8 ; R.4.9 ; A.4.5.1)
  • 60 juristes formés pour apporter de l’aide légale appropriée aux enfants victimes (R.4.10, R.4.11 ; A.4.5.2)

 

Contexte: 

Une étude que nous avons réalisé début 2015 au Népal a montré que les enfants interviewés dans les écoles et dans leurs milieux urbains avaient tous un accès à internet qu’ils utilisaient principalement à travers leurs téléphones mobiles. Une étude plus ancienne réalisée par un de nos partenaires en 2008 révélait des faits tout aussi inquiétant : sur.

Localisation: 

Le projet sera développé dans 3 districts du Népal : Katmandou, Lalitpur et Sunsari

Durée: 

Aout 2016 à Juillet 2019

Budget: 

531 547 €

Partenaires: