Sous le Haut Patronage de Son Altesse Royale la Grande-Duchesse

Madagascar

A la pauvreté s’ajoute le poids de systèmes sociaux et culturels entraînant 3 types d’exploitation : de caste (forte discrimination des natifs des Basses Terres), de genre (statut inférieur des filles/femmes, l’enfant objet et non sujet de droits), de classe (système féodal avec de grands propriétaires terriens et la présence de familles de rues depuis trois générations).

Le pays, l’un des plus pauvres de la planète (Indice de Développement Humain 2007/2008: 143ème position sur les 177 pays classifiés par le PNUD - Programme des Nations Unies pour le développement) présente des indicateurs de développement faibles : 85,1% de la population vit avec moins de 2$/jour, l’espérance de vie à la naissance est de 55,6 ans, un habitant sur deux n’a pas d’accès régulier à des points d’eau aménagés, le taux de mortalité infantile pour les 20% les plus pauvres de la population est de 119‰, 38% de la population souffre de malnutrition (42% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’insuffisance pondérale et 48% souffrent de retard de croissance), près d’un adulte sur trois ne sait ni lire ni écrire, le pays dispose de 29 médecins pour 100 000 habitants. Les systèmes scolaire et de santé souffrent de profondes lacunes. Le revenu estimé du travail des hommes est 1,4 fois plus élevé que celui des femmes. C’est aussi l’un des pays les plus pourvoyeurs d’enfants travailleurs au monde : 900 000 âgés de moins de 15 ans.

Les enfants malgaches qui subissent des difficultés sociales et économiques sont particulièrement vulnérables face à l’exploitation sexuelle. Le fait d’être dans une situation économique fragile, d’être soumis à des pressions facilitant les ruptures et les violences familiales, de ne pas aller à l’école, et de ne pas se faire soigner sont des facteurs qui font qu’un nombre important d’enfants sont livrés à eux-mêmes dans la rue et doivent subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Ces facteurs facilitent leur entrée dans des formes d’exploitation sexuelle. Une jeune fille qui aura grandi dans la rue à proximité des lieux nocturnes où se pratique la prostitution, placée en domesticité et chassée par son patron, rejetée par une belle mère ou un beau-père dans le cadre d’un mariage, qui rencontre une personne impliquée dans la prostitution (une amie, une cousine, un homme…) en sont quelques exemples. Oppression, humiliation, coups, restrictions et privation de liberté, maladies sexuellement transmissibles (MST) et SIDA, dépendance à la drogue et à l’alcool sont les contraintes qu’ils subissent. La plupart des clients sont des ressortissants nationaux mais il existe une demande grandissante de la part de touristes sexuels. Toutes les conditions sont réunies pour que le trafic d’enfants à des fins sexuelles se développe à Madagascar.

L’exploitation sexuelle est une activité que l’on retrouve dans la majorité des zones urbaines, les villages côtiers et les villes touristiques. Le développement du tourisme a également fait émerger le tourisme sexuel dans les villes du littoral.

Pour un système de garantie et défense des droits des enfants vulnérables et/ou victimes d’exploitation sexuelle par le renforcement des actions de prévention, protection, éducation et réhabilitation socio-économique à Madagascar

Le projet a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants de Tananarive victimes de violences sexuelles ou à risque et d’assurer la réintégration sociale de ces enfants à travers leur prise en charge au sein de leur communauté et l’accompagnement d’un réseau d’acteurs institutionnels, économiques et sociaux.

  • Mise en place d’un refuge de nuit
  • Mise en place d’un foyer d’accueil pour les jeunes filles victimes d’exploitation sexuelle
  • Mise en place d’un programme de conduites d’autoprotection des enfants au sein des écoles et des structures d’accueil

  • Mise en place d’une cellule d’écoute pour les jeunes filles mineures impliquées dans la prostitution et les enfants à risques
  • Campagne de lutte contre le tourisme sexuel impliquant l’enfant (TSIE) à destination des voyageurs
  • Campagne de sensibilisation des médias pour conscientiser l’opinion publique
  • Formation des acteurs communautaires dans la prévention et la prise en charge des enfants victimes ou vulnérables
  • Accompagnement de la police et de la gendarmerie dans les actions de protection des enfants victimes ou vulnérables
  • Formation des professionnels du tourisme pour gérer des situations de l’exploitation sexuelle commerciale
  • Conduite et diffusion de recherche
  • Création d’un centre de ressources en ligne
  • Mise en réseau de 400 acteurs de protection de l’enfance dans deux villes de province
  • Jeunes filles mineures impliquées dans la prostitution
  • Enfants à risques de 7 à 13 ans dont les mères vivent de la prostitution
  • Enfants victimes d’abus sexuels intra et extra familiaux
  • Enfants en situation de rue et / ou enfants travailleurs
  • Enfants scolarisés de 14 à 18 ans
  • Les acteurs institutionnels (police, gendarmerie, administrations locales, leaders communautaires, enseignants)
  • Le personnel associatif (éducateurs, travailleurs sociaux, personnel de santé, psychologues, responsables d’associations, étudiants de l’Ecole de Service Social)
  • Les professionnels du tourisme (restaurateurs, guides, hôteliers, agents de voyages, loueurs de véhicules, étudiants de l’Ecole de Tourisme de Mahajanga)
  • Les leaders communautaires et les journalistes
Contexte: 

Situé dans l’Océan Indien, près de 50% de la population a moins de 15 ans. Les problèmes majeurs que rencontre Madagascar sont liés à l’extrême pauvreté.

Localisation: 

La capitale du pays, Tananarive (dans les quartiers d’Isotry et de Tsaralanana) ainsi qu’en province

Durée: 

2008 - 2011