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Brésil

La prostitution des enfants reste un phénomène avéré et important au Brésil. Sur ce terrain, le tourisme sexuel impliquant des enfants se développe aisément. Plusieurs facteurs expliquent cela, notamment économiques, sociaux et culturels. Notre action au Brésil vise la région la plus pauvre du pays, celle du Nordeste.

Le Brésil est le pays le plus peuplé d’Amérique Latine et le 6ème de la planète au niveau de sa population (186 millions d’habitants en 2006). Sur le plan économique, le Brésil est actuellement au 10ème rang mondial. Même si le gouvernement brésilien a réussi à améliorer le pouvoir d’achat des plus vulnérables (facteur qui a contribué au classement du Brésil parmi les pays ayant un développement humain élevé, classé 70ème sur les 177 pays classés par le PNUD [Programme des Nations Unies pour le développement] en fonction de leur Indice de Développement Humain [IDH]), la répartition des revenus au Brésil reste extrêmement inégalitaire.

Dans son dernier rapport sur le développement humain, le PNUD indique que 20% des Brésiliens les plus pauvres reçoivent 2,8% du revenu national, alors que 20% des plus riches en captent 61,1%. 30% de la population brésilienne vit en deçà du seuil de pauvreté, dont 20 millions d’enfants. Les populations les plus défavorisées sont les afro-brésiliens et les indiens qui sont victimes de discriminations. La région du Nordeste (Etats de Bahia, de Rio Grande do Norte et du Ceara) où se concentre le projet, est la région la plus pauvre du Brésil et la plus touchée par la problématique de l’exploitation des enfants.

Les problèmes majeurs de cette région sont liés à la grande pauvreté : 47% des habitants y vivent en dessous du seuil de pauvreté. 40% de la population a moins de 18 ans et seuls 40% des jeunes (12-17 ans) sont scolarisés. C’est une des régions les plus pourvoyeuses d’enfants travailleurs. Les fortes discriminations sociales et raciales complexifient et fragilisent la situation des enfants issus des milieux les plus défavorisés.

Même si des avancées notables ont été réalisées au Brésil en matière de lutte contre les violences sexuelles commises sur des enfants et en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants, des facteurs tels que la pauvreté, les inégalités sociales, les discriminations, la violence, l’inadéquation du cadre légal et la défaillance du système judiciaire font qu’actuellement de très nombreux enfants en situation de vulnérabilité sociale, notamment ceux qui vivent dans la région Nordeste, sont particulièrement exposés aux risques de violences sexuelles ou d’exploitation sexuelle (prostitution, trafic à des fins sexuelles, tourisme sexuel).

L’objectif du projet est d’améliorer les conditions de vie des enfants et jeunes victimes et/ou vulnérables à l’exploitation sexuelle du Nordeste du Brésil par leur réintégration socio-économique au sein de leurs communautés et le renforcement d’un réseau de protection composé d’acteurs institutionnels et sociaux.

Jeunes filles mineures de 12 à 18 ans impliquées dans la prostitution
Enfants à risques de 7 à 13 ans dont les mères vivent de la prostitution
Enfants victimes d’abus sexuels intra et extra familiaux
Enfants en situation de rue
Enfants scolarisés de 14 à 16 ans et jeunes adultes

Sur Fortaleza, les activités d’accompagnement éducatif du GACC ont permis de prendre en charge 310 adolescents âgés de 12 à 17 ans, et celles de préformation professionnelle se sont adressées à 275 d’entre eux. Au total, 80 adolescents ont réintégré l’école et 230 ont rattrapé leur retard scolaire. Les activités de préformation professionnelle et de ses partenaires ont permis à 73 adolescents (26,5%) de trouver un emploi et aux autres bénéficiaires de se replacer dans une dynamique de formation et de perfectionnement propre à faciliter leur intégration sur le marché du travail.

L’Equipe Interinstitutionnelle de travail de rue (Fortaleza) a appuyé 588 enfants, adolescents et jeunes qui ont bénéficié d’un suivi de la part des différentes organisations du réseau. Au total, 563 enfants ont quitté de la rue, 169 ont retrouvé leur famille, 426 ont repris le chemin de l’école, 221 ont bénéficié d’une formation professionnelle et 56 ont été intégrés sur le marché du travail.

Le CEDECA Ceara (Fortaleza) a assuré la formation et la sensibilisation de 350 acteurs sociaux locaux sur les droits des enfants et des adolescents, l’appareil normatif et institutionnel, leur rôle et responsabilités dans le Système de Garantie des Droits, l’impact des médias et des moyens de communication dans la formation des attitudes et des représentations à l’égard de l’enfance et de l’adolescence dans les phénomènes de violences. L’association a également été très active en matière de sensibilisation et plaidoyer. Deux séminaires sur le rôle des médias dans la protection de l’enfance et 12 cafés débats ont notamment été réalisés. Un total de 260 insertions dans les médias régionaux et nationaux a été comptabilisé sur une période de 3 ans.

L’ACOPAMEC et ses deux partenaires sur Salvador de Bahia ont conclu leur programme de formation professionnelle en faveur d’adolescents et de jeunes. Les 3 organisations ont atteint leur objectif de former 360 bénéficiaires sur la durée totale du projet. Cette alliance obtient par ailleurs d’excellents niveaux d’intégration sur le marché du travail. Dans les premières années du projet, elle atteignait déjà 40% d’intégration professionnelle de leurs étudiants. Le conventionnement de ses formations par le Ministère du Travail et de l’Emploi en 2010, lui a permis d’augmenter encore fortement ce taux, avec 345 jeunes placés pour le seul deuxième semestre de cette année 2010.

L’IBEPIS (Natal) a travaillé sur la préparation de son cours universitaire sur la prise en charge d’enfants et adolescents victimes de violences sexuelles. Cette formation, la première de ce type au Brésil, a commencé en janvier 2010 et s’est terminé en décembre 2011. L’organisation a également mené à bien son initiative d’introduire dans le pays une Charte des Principes Ethiques pour la prise en charge des enfants et adolescents victimes de violences sexuelles. La Charte a été adoptée par plus de 240 acteurs différents lors d’un séminaire national à Natal en mars 2010. Elle a été annexée au Plan National de Lutte contre les Violences Sexuelles afin d’être mise ne œuvre par le Comité National de Lutte contre les Violences Sexuelles à l’égard des Enfants et des Adolescents.

Le bureau local de coordination avait également sous sa responsabilité la mise en œuvre d’activités opérationnelles. Un projet de sensibilisation et de formation à l’autoprotection contre les violences sexuelles a été mis en place au bénéfice de 300 enfants et adolescents de la ville de Natal.

Un nombre total de 1.633 enfants, adolescents et jeunes ainsi que de 374 professionnels comptent parmi les bénéficiaires du projet.

Contexte: 

Projet « CIRANDA » : Appui aux actions de prévention, protection, éducation et réhabilitation en faveur des enfants vulnérables et/ou victimes d’exploitation sexuelle

Localisation: 

Nordeste

Durée: 

2007-2011

Budget: 

900 000€