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Bangladesh

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Les enfants demeurent des cibles faciles en matière d’abus et d’exploitation sexuelle dans un pays comme le Bangladesh, où la pauvreté, l’inégalité des genres, les catastrophes naturelles, le manque d’éducation et les alternatives économiques les empêchent de recevoir la protection et les soins dont ils ont besoin.

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Photos utilisées à des fins d'illustration et ne représentant pas d'enfants victimes.

Les raisons de l’exploitation sont profondément ancrées dans les réalités socio-économiques du pays. Souvent en lien avec la mafia, au Bangladesh, les trafiquants ciblent les enfants des villages les plus pauvres et les plus isolés, marqués par le manque d’information et d’éducation, par la pauvreté et par un taux de naissance élevé. Les enfants sont le plus souvent trafiqués par des personnes proches de l’entourage familial. En outre, le trafic d’enfants est facilité par le contexte culturel (les parents marient leurs filles aussi vite que possible, bien que les mariages d’enfants puissent conduire à des violences sexuelles), les besoins économiques (la promesse d’un travail lucratif) et l’installation d’une véritable « marché » du trafic d’enfants à des fins sexuelles, à la frontière, favorisé par une importante corruption.

 

Les enfants vivant en situations de rue ou dans les gares – qui manquent de protection familiale et communautaire – sont également la cible des trafiquants. Leur nombre dans la région est parmi le plus élevé du monde, la moyenne d’âge est de 10 ans, 56% étant des garçons. Sur la tranche d’enfants âgés de 5 à 14 ans, 18,3% (c'est-à-dire 6,3 millions) travaillent et 65% d’eux travaillent entre 9 et 14 heurs par jour, pour la plupart en tant que porteurs, petits vendeurs, mendiants, travailleurs domestiques et aides des chauffeurs de bus ou de camions.

 

Les enfants victimes de l’exploitation sexuelle sont très vulnérables aux maladies sexuellement transmissibles (MST), au SIDA, à la dépression, aux abus de drogues et à l’alcoolisme. Plusieurs cas de suicides de prostituées mineures ont lieu chaque année. Si la plupart des clients des établissements de prostitutions sont des ressortissants locaux, il y a également une demande croissante de la part des touristes sexuels et « pour exportation » vers L’Inde et le Moyen Orient.

Projet régional de réduction de la pauvreté, d’éducation, d’émancipation et de réinsertion des enfants victimes ou vulnérables au trafic et à l’exploitation sexuelle ou qui y ont survécu, à travers le renforcement des liens entre ONG et des capacités locales au Bangladesh

Le projet vise à augmenter l’accès des enfants vulnérables ou victimes de trafic ou d’exploitation sexuelle aux programmes d’assistance, de prévention, de protection, de réhabilitation psychosociale et de réinsertion sociale.

  • Identification et rapatriement des enfants portés disparus / trafiqués
  • Poursuites contre les trafiquants
  • Mise en place des lignes téléphoniques d’urgence
  • Aide légale aux enfants victimes en conflit avec la loi
  • Programmes de réhabilitation psychosociale et de réinsertion sociale (éducation, formation professionnelle, réunification à leurs familles)
  • Formation des travailleurs sociaux
  • Education, formation et sensibilisation des communautés dans les zones rurales
  • Programmes d’alphabétisation et de soutien éducatif aux jeunes filles des zones rurales
  • Activités de micro-finance avec les adolescents dans les zones rurales
  • Sensibilisation des organismes chargés de l’application de la loi, notamment la police des frontières, et des organismes gouvernementaux locaux
  • Coordination et collaboration des ONG (Organisation Non-Gouvernementale) partenaires et des autres acteurs de la protection de l’enfance
  • Développement et diffusion des outils de communication et de méthodologie
  • Actions de sensibilisation et de plaidoyer
  • Documentation et recherche sur le trafic, les abus et l’exploitation sexuelle des enfants.
  • Jeunes filles des zones rurales, qui ne vont pas à l’école, qui ont peu d’options de survie économique et qui sont particulièrement vulnérables au trafic d’enfants, à l’exploitation et aux abus sexuels.
  • Enfants vivant dans la rue ou dans les gares des zones urbaines, qui sont victimes de la négligence générale, d’abus et d’exploitation
  • Jeunes filles engagées dans la prostitution de rue. Enfin ce sont les mineurs trafiqués vers les zones de prostitution et les jeunes filles qui y vivent, qui deviennent souvent la seconde génération de prostituées.
Le programme d’éducation est une grande réussite du projet : 19 enfant ont été inscrits à l’école et ont réussi leurs examens. Ils sont devenus d’excellents exemples pour les autres enfants. Si une éducation formelle n’est pas adaptée aux besoins de l’enfant, le projet offre une scolarisation non-formelle au sein des centres d’accueil. Le projet a constaté que l’alphabétisme facilite la stabilité et le processus de réhabilitation des enfants.
Par ailleurs, l’action de plaidoyer réalisé par le projet à réussi à prévenir que des enfants en conflit avec la loi soient incarcérés avec des adultes ou battus. 
 
Protection
  • 80 enfants ont bénéficié des centres de refuge et du foyer d’accueil chaque jour
  • 51 enfants entre 7 et 16 ans ont reçu une éducation non-formelle
  • 19 enfants ont reçu une éducation formelle à l’école
  • 7 garçons ont reçu une formation professionnelle
  • 21 enfants ont bénéficié d’une assistance légale
  • 171 enfants ont bénéficié des soins médicaux
Sauvetage et réhabilitation
  • 34 enfants ont été sauvés des situations de vulnérabilité
  • 8 enfants ont été réunis avec leurs familles
  • 78 séances de sensibilisation ont été réalisées et 52 enfants ont demandé un appui psychothérapeutique
 
Participation
Le projet a lancé plusieurs initiatives afin de promouvoir la participation des jeunes :
  • La journée de l’enfant : une fois par mois les enfants prennent la responsabilité d’organiser les activités dans les foyers, assistés par le personnel
  • Les enfants organisent également une réunion mensuelle. Ils élaborent l’ordre du jour et rédigent les comptes-rendus avec l’assistance du personnel
  • 10 jeunes ont été sélectionnés pour être « peer supporters » afin de sensibiliser leurs pairs sur les droits de l’enfant et les risques d’exploitation sexuelle
Prévention
  • Développement des « Réseaux de sécurité » dans 2 communautés à risque
  • Création d’une Comité d’Action
  • 15 jeunes et 12 étudiants sont devenus bénévoles du projet après avoir assisté aux réunions de mobilisation organisées par le projet
 
Plaidoyer et lobbying
  • 6 réunions ont été organisées avec les autorités du district afin de présenter les objectifs et les réalisations du projet
  • Des représentants du projet ont été invités à participer à une réunion organisée par le gouvernement et l’UNICEF concernant le trafic des enfants
  • Le projet a organisé une rencontre à laquelle le maire et le Directeur des services sociaux ont participé
  • Le Commissaire du Gouvernement Local a rendu visite au foyer d’accueil où les enfants ont partagé leurs expériences de vie en situation de rue. Le Commissaire a félicité les efforts du projet et offert son soutien.
Le prix des produits a subi une augmentation importante ce qui a eu un impact considérable sur la population du pays, et sur le projet, notamment sur les lignes budgétaires pour des denrées de première nécessité, des soins médicaux et d’hygiène. De plus, les propriétaires des centres d’accueil ont voulu augmenté le loyer de 40%. Le projet a réussi à les persuader d’attendre la fin du contrat de bail avant d’augmenter le prix.
Les enfants en situation de rue qui vivent dans les gares de la ville de Khulna souffrent souvent d’une dépendance aux drogues qui les rend plus vulnérables. L’équipe du projet a remarqué que la présence des drogues et de dealers était particulièrement importante dans ce quartier et elle a attiré l’attention des autorités locales sur le problème. La police a réalisé des rafles et arrêté plusieurs dealers. Le projet estime que le trafic de drogue dans le quartier a été réduit par 80% depuis lors.
Par ailleurs, le personnel du projet a soupçonné qu’un gang dans le même quartier était impliqué dans le trafic de jeunes filles des bidonvilles en leur promettant du travail au Moyen Orient ou en Inde, mais il n’y avait malheureusement pas de preuves claires pour poursuivre le gang. Cependant, le projet a collaboré avec les autorités locales dans une action de sensibilisation de la communauté afin de la prévenir des risques.

Le Bangladesh, classé « le pays le moins développé » sur la liste des pays recevant une aide (publication de l’OCDE/DAC - Organisation de Coopération et de Développement Economiques - Direction de la Coopération pour le Développement en 2001), a une population de 136,6 millions, dont 49,8 % vit sous le seuil de pauvreté national. Selon le Rapport du Développement Humain 2007/2008 des Nations unies, qui place le Bangladesh en 140ème position sur 177 pays classifiés en fonction de leur indice de développement humain (IDH), il y a 50 000 personnes déplacées au sein du pays. Bien qu’il n’y ait aucun chiffre officiel, on estime à des centaines de milliers le nombre de Bangladeshi qui ont traversé la poreuse frontière terrestre avec l’Inde. Bien que la plupart de ces migrations soient volontaires et irrégulières, le phénomène a accru le trafic d’enfants et de femmes à la frontière avec l’Inde. Le trafic se produit souvent couvert de migration pour le travail Les recherches mettent aussi en évidence les liens étroits entre la pauvreté et l’absence de solutions économiques, et le trafic et les migrations irrégulières.

Contexte: 

Selon les estimations d’ONG internationales, le trafic d’enfants affecte plus de deux millions d’enfants par an, dont un million an Asie. Le Bangladesh est apparu comme une des zones sources majeures du trafic d’enfants.

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Localisation: 

Principalement le long de la frontière indienne : Jessore, Jhenaidah, Meherpur, Chuadanga, Kushtia, Satkhira, Chapai Nawabgunje, Rajshahi et Naogaon

Durée: 

2008 – 2011