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Afrique de l'Ouest

Afrique de l'Ouest

Dans les 3 pays ciblés (Bénin, Burkina et Niger), près d'un enfant sur deux est contraint de travailler. La traite des enfants rend cette situation encore plus abusive et oppressive.

Alors que le phénomène est en baisse partout ailleurs, il continue d'augmenter en Afrique. Dans la région concernée par le projet, l'explosion des migrations semble être un vecteur dominant: les enfants et adolescents migrants ne bénéficient en effet pas des mêmes cadres de protection que les autres enfants. Rendus "invisibles", ils sont soumis à un risque accru de discrimination et d'exploitation.

Ce projet est à présent clôturé. Vous pouvez retrouver les principales réalisations ci-dessous

  • 860 enfants vulnérables ou victimes de la traite ont été interceptés et pris en charge (alimentaire, sanitaire, médical, psychosocial) dans les centres du programme appuyés par le programme et réintégrés dans leurs familles.
  • 17 structures d’accueil pour des enfants non accompagnés ou victimes de traite ont bénéficié d’un appui (matériels, équipements, nourriture).
  • 54 876 adultes y compris 12 990 enfants ont été sensibilisées sur les phénomènes et risques de traite et de migration des enfants ainsi qu’aux lois nationales de protection de l’enfance à travers différentes actions de sensibilisation telles que des séances/rencontres d’information, des émissions de radio, la diffusion de livrets d’information et des représentations théâtrales.
  • 1 550 personnes clés (leaders politiques, religieux et communautaires, transporteurs, parents) ont été sensibilisées sur la problématique et mobilisées pour s’impliquer dans la protection des enfants.
  • 1 701 enfants ont été informés de leurs droits.
  • 190 enfants scolarisés dans le système formel ou non formel.
  • 362 jeunes (dont 103 filles en situation de prostitution et 112 garçons victimes de traite) ont eu accès à une formation ou des activités génératrices de revenus (AGR) et été accompagnés vers l’emploi.

Par ailleurs, les capacités et les connaissances des acteurs travaillant avec des enfants vulnérables ou victimes d’exploitation sexuelle ou de traite ont été renforcées à travers l’organisation de formations sur la problématique, la création de nombreux outils (guides, revues de bonnes pratiques, etc.) et la réalisation de trois études sur la prostitution.

Les 3 pays ciblés sont confrontés au problème à la fois comme source, transit et destination de traite des enfants. Bien qu'ils tous d’un arsenal juridique pour lutter contre la traite des enfants, dans la pratique l’application de ces droits se heurte à certaines réalités. Les raisons évoquées concernent le manque de ressources techniques et financières, un manque de connaissance des textes juridiques,l'inadéquation de l'offre éducative et certaines pratiques culturelles.

La prise en charge des enfants victimes et leur réinsertion souffrent aussi d'un manque de moyens, que ce soit en termes de capacité d’accueil, de qualité de prise en charge ou d’essaimage des comités de vigilance villageois.

Enfin, si la traite est largement comprise dans sa dimension économique, elle l'est beaucoup moins dans sa dimension sexuelle. Bien que le lien soit largement établi dans la littérature sur le sujet, elle est très peu prise en considération dans les programmations régionales.

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Améliorer la prévention, la protection et l’insertion sociale et professionnelle des enfants et des jeunes dans les zones à risque de traite, y compris les enfants victimes de traite à des fins sexuelles au Bénin, au Burkina Faso et au Niger.

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L'objectif principal du projet est de renforcer la lutte contre la traite des enfants au Bénin, au Burkina Faso et au Niger en offrant aux enfants victimes de traite, y compris à des fins sexuelles, une prise en charge plus adéquate de la part des acteurs de protection de l’enfance.

Plus spécifiquement, dans les sites d'intervention, réduire de moitié la menace qui pèse sur les enfants d'être victimes de traite, de renforcer le dispositif transnational de lutte contre la traite et d'améliorer la réinsertion des victimes.

Un effort est également mis sur le renforcement des compétences des 5 associations partenaires au projet.

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Les principales activités du projet sont:

  1. Analyse de la situation, identification des besoins
    1. => réalisation de 3 études sur la prostitution des mineurs en lien avec la migration et la traite
  2. Actions de sensibilisation
    1. => Émissions éducatives sur les radios communautaires
    2. => Campagnes de « vulgarisation » des lois nationales dans des villages
    3. => Sensibilisation des maître coraniques, transporteurs, élus locaux
    4. => Maraudes auprès des jeunes filles exposées ou en situation de prostitution
  3. Renforcement des structures locales
    1. => Appui aux comités de vigilance et de surveillance et aux comités de villageois
    2. => Appui et renforcement des centres de transit aux frontières
  4. Renforcement institutionnel et organisationnel des partenaires
    1. => Développement de ressources techniques (outils et formations)
  5. Mobilisation communautaire
  6. Renforcement de capacités des agents de protection des structures partenaires
  7. Identification, accueil et réhabilitation psychosociale des enfants victimes
  8. Développer les capacités personnelles, citoyennes et d’autoprotection des enfants
  9. Renforcement des capacités éducatives et économiques de parents
  10. Réinsertion scolaire et formation professionnelle d'enfants victimes
  11. Réunification familiale d'enfants victimes
  12. Développement d’outils de communication

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Les bénéficiaires directs du projet sont :

  • Les enfants :
    • Mineur(e)s exposé(e)s ou en situation de prostitution
    • Enfants à risque et/ou victimes de traite : 325 bénéficieront d’une formation professionnelle et 460 seront réunifiés avec leur famille ou une famille d’accueil.
    • Enfants des rues : enfants vulnérables à la traite qui doivent être suivis et accompagnés : travail avec 150 de ces enfants pour voir leur temps passé dans la rue diminuer.
    • Enfants des régions ciblées : 1000 des enfants vivant dans les régions ciblées par le projet seront informés et formés en autoprotection face à la traite et aux dangers d’exploitation sexuelle.
  • Les professionnels de l’enfance : les capacités et les compétences des professionnels de l’enfance impliqués dans le projet, c’est-à-dire travaillant des les 15 centres de secours, seront renforcées notamment en ce qui concerne les problématiques de la traite et de l’exploitation sexuelle.
  •  

  • Les 5 partenaires du projet seront renforcés sur les problématiques de la traite et de l’exploitation sexuelle des enfants.
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  • Les habitants des régions ciblées par le projet : 50 000 personnes vivant dans les régions ciblées par le projet seront sensibilisées à la problématique de la traite et de l’exploitation sexuelle des enfants. Parallèlement, 50 comités de village seront créés pour relayer cette sensibilisation.

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D'après l'Organisation Internationale du Travail, en 2008, 28,4% des enfants âgés de 5 à 14 ans participaient à une activité économique en Afrique sub-saharienne (soit plus d’1 enfant sur 4), contre 14,8% en Asie et 9 % en Amérique latine. Alors que le phénomène est en baisse partout ailleurs, il continue d’augmenter en Afrique.

Les trois pays cibles font partie des 20 pays ayant le plus faible Indice de Développement Humain de la planète (respectivement 167ème, 181ème et 186ème sur 187) traduisant une faible espérance de vie, de faibles taux de scolarisation (même dans le primaire), et un faible niveau de vie. Ils connaissent également des taux d’activité des enfants de plus de 45%.

L’augmentation des situations de traite est alimentée par l’explosion des migrations dans la région. Les enfants et adolescents migrants ne bénéficient pas des mêmes cadres de protection que les autres enfants, ce qui accroît le risque de les « rendre invisibles», ainsi que les risques de discrimination et d’exploitation dans les milieux de destination (famille d’accueil, patrons et employeurs, maîtres coraniques,…). Ces situations d’exploitation (exploitation sexuelle, travail forcé, pratiques analogues à l’esclavage…) caractérisent les cas de traite.

Parmi les raisons de ces phénomènes de traite, on peut citer :

  • La pauvreté (et les disparités économiques dans la sous-région) qui poussent enfants et familles à saisir toutes les opportunités ;
  • Un accès à l'éducation insuffisant qui pousse les enfants à partir pour s'instruire ;
  • L’ignorance, de la part des enfants et de leurs familles, des risques encourus.
  • Une demande des employeurs qui veulent une main d'œuvre bon marché et soumise, particulièrement dans le secteur informel.
  • La porosité des frontières.
  • Le désir des jeunes eux-mêmes qui veulent voyager et explorer.
  • Un engagement politique et des mécanismes judiciaires insuffisants face à la traite des enfants.

Les 3 pays ciblés par l’Action sont signataires des conventions internationales de protection de l’enfant, bien entendu la Convention Internationale des Droits de l’enfant, et notamment la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et son protocole additionnel visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Ce dernier instrument, le Protocole de Palerme (2000) reconnaît la traite d’enfants comme l’une des plus graves violations des droits humains dans le monde actuel. Les pays se sont depuis lors mobilisés contre la traite des enfants, soutenus par les bailleurs internationaux. Ils ont notamment signé l’accord multilatéral des Gouvernements de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à Abuja (2006). Le Bénin, le Burkina et plus récemment le Niger ont depuis ratifié des lois contre la traite des enfants ou des êtres humains (respectivement en 2006, 2008 et 2010).

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Contexte: 

En Afrique sub-saharienne, le travail des enfants est le plus fréquent au monde. Dans les 3 pays ciblés par l’action, le taux dépasse 45%. L’urgence est d’y réduire les formes les plus oppressives et abusives, dont la traite des enfants..

Localisation: 

Niger: provinces de Tillabéry et du Dosso

Burkina Faso: Yagha, Kossi et Banwa

Bénin: Alibori, Donga et Mono

Durée: 

2012 – 2014 (24 mois)

Budget: 

Sur 2 ans (2012-2014) : 1.195.354,04€